samedi 11 mai 2013

Stoker ( Park Chan-Wook - 2013)


Stoker, un hommage à Hitchcock ? On peut l’affirmer sans conteste, même si la manière de filmer et de traiter une intrigue policière est radicalement différente entre le pygmalion du film à suspense et son élève sud-coréen.

On pourra notamment apprécier les différents clins d’œil qui nous rappellent à l’œuvre du maître : La scène de la douche (Psycho), les champs de maïs (La mort aux trousses.) La référence la plus soutenue étant bien évidemment celle faite au film de 1943 : L’ombre d’un doute. Park Chan-Wook ne se contente d’ailleurs pas de s’en inspirer, il se l’approprie littéralement pour nous en livrer soixante-dix ans plus tard une version totalement inédite et survoltée dans laquelle on retrouve un « oncle Charlie » qui nous apparaît plus mystérieux, plus envoûtant et bien plus inquiétant que l’original. Mais la ressemblance s’arrête ici, car l’auteur de Sympathy for Mister Vengeance a su se saisir avec simplicité de la situation initiale du film d’Hitchcock pour ensuite s’en écarter radicalement.

Par ailleurs, Park Chan-Wook se révèle prodigieux dans sa maîtrise de l’image. Certains seront sans doute déçus par le manque de frénésie de la caméra (mouvements qui nous avaient énormément séduits dans Old Boy), mais ceci sera amplement rattrapé par le travail sur les formes et les couleurs ainsi que par l’efficacité du réalisateur pour capturer la beauté sur l’ensemble des éléments qui constituent le film. Les images récurrentes, telles que les sphères du jardin, reviennent hanter la pellicule à plusieurs reprises (par le biais des balles de tennis, la boule qui roule entre les pattes du bousier.) Ce sont tous ces petits détails qui sont là pour rappeler l’omniprésence du cinéaste. Rien n’est laissé au hasard. Les yeux de tous les protagonistes apparaissent sans cesse en gros plans : beaux ; vitreux ; brillants comme des Agathe. Cette fixation sur le regard accentue le climat de suspicion quasi-général dans lequel baignent les personnages. Tout le monde s’observe. Chaque personnage jauge les forces chez celui qu’il a en face avant de se décider à passer à l’offensive. Jeu de manipulation, rapports érotiques consanguins, aliénation et brutalité… Pas de doute, on se retrouve bien avec les thèmes de prédilections du réalisateur asiatique. L’ambiance du film est glaciale, pénétrante, terrifiante, dérangeante, envoûtante  déstabilisante… La violence et la folie inscrites dans les gènes de la famille Stoker, véritables Rougons-Macquarts des temps modernes, guident leurs pas vers une issue dramatique et inévitable. Au final, Stoker se révèle donc plus proche de l’univers de Zola que de celui d’Hitchcock, et la question de l’identité en est l’une des principales clefs. Le questionnement de la jeune India Stoker sur l’héritage qu’elle tient de sa famille nous rappel clairement les errances existentielles de Jacques Lantier, le héros de La bête humaine.

On retiendra enfin l’ambiance lancinante de ce hui-clos brossé au vitriol. À chaque instant on aura eu l’impression de basculer d’une piste à une autre pour finir par comprendre que ce qui se trame nous échappe totalement. Entre rêve morbide et réalité hallucinée, difficile de savoir si le personnage de l’oncle Charlie est réel ou s’il s’agit d’une création issue d’un esprit dérangé. Dualité, schizophrénie, ambivalence, tout est là dans le caractère des personnages comme dans les relations qu’ils entretiennent pour déstabiliser le spectateur. Le doute qui s’installe et les évidences qui semblent sans cesse être remises en question n’ont pas fini de nous perdre. Deux types de relations marquent ainsi le triangle amoureux et incestueux qui unit la fille, la mère et l’oncle. Le rapport dominant-dominé symbolisé par la chasse, mais surtout l’interdépendance des personnages entre eux ; l’oncle, qui s’est créé au fil du temps tout un univers gravitant autour de sa complicité avec une nièce qu’il n’avait alors jamais rencontré ; la mère, dont la dévotion pour ce beau-frère arrivé de nul-part révèle clairement sa crainte de vivre seule ; Et enfin la fille. C’est sans aucun doute le personnage principal du film, celui qui va se retrouver au centre de toutes les attentions et qu’on va voir évoluer. Frigide dans un premier temps, elle va découvrir le désir charnel au travers des différentes approches de son oncle. Au contact de ce dernier, India va alors progressivement se défaire de ses chaînes pour découvrir enfin qui elle est réellement. Comme dans une aventure initiatique, on va observer notre protagoniste dans son passage de l’état de petite fille discrète et complexée à celui de femme fatale qui assouvi librement ses envies de violence et de meurtre. Comme le suggère l’image de l’araignée qui monte en elle tout au long du film, la jeune fille se transformera alors de plus en plus à une veuve noire jusqu’à ce que la bête se soit entièrement emparée de l’enfant.


mardi 18 mai 2010

Tokyo decadance (Ryu Murakami - 1991)

A première vue, L’œuvre de Ryu Murakami met en avant les abjectes déviances sexuelles de la population nippone. En effet, la nouvelle génération de cette nation à la fois castratrice et pudique s’est révoltée contre les valeurs patriarcales pour assumer de plus en plus ouvertement ses penchants pervers et amoraux (sadisme, exhibitionnisme, fétichisme, nécrophilie, scatophilie.). Mais l’auteur-réalisateur ne fait pas pour autant l’apologie de cette décadence dans le simple but de provoquer, mais au contraire pour mettre les Japonais en face de leur propre disgrâce.

Aï, l’héroïne de ce film, est une prostituée se retrouvant à plusieurs reprises spectatrice taciturne de la déchéance de la société Japonaise. Par ailleurs, Ryu Murakami utilise l’absurde et le vulgaire afin de révéler la dualité propre à la faune tokyoïte. Cette ambivalence sera alors présente dans toutes les scènes du long métrage. Afin de symboliser ce constat, le principal protagoniste est représenté par une femme belle, douce et discrète se retrouvant avilie par une succession de situations dégradantes. De même, les clients affichent ouvertement leurs facettes névrotiques en révélant leurs fantasmes pervers et humiliants, mais finissent toujours par faire preuve d’humanité en restaurant la dignité de la femme.

Tokyo decandence, présente les affres de la solitude ainsi que le sentiment d’aliénation imposé par la société. Pour introduire le spectateur dans cette fresque, le premier acte présente à la fois Aï dans une position d’esclave, ce qui souligne le dépouillement des libertés individuelles, tout en donnant la clef de toute entente avec son prochain: La confiance. Pour finir, ce film cristallise les rapports humains selon certaines hiérarchies omniprésentes (dominant-dominé, maitre-esclave, client-fournisseur) bien plus direct et honnêtes dans le domaine du privé. Car, et c'est là le point d'ancrage de la réalisation de Murakami, les relations sont strictement identiques en société, à la différence prés qu'elles sont travesties sous couvert de décence. Le réalisateur essaye donc de responsabiliser le spectateur en le guidant à travers une réflexion sur lui-même et son rapport aux autres!

lundi 19 avril 2010

l'éternité et un jour (Théo Angelopoulos - 1998)

Spleen d’un auteur enlisé dans les vicissitudes de la vie, Angelopoulos tente d’extraire l’homme de son enveloppe d’artiste afin de pouvoir le restituer au monde. Alexandre, confronté à sa propre vie, découvre alors une existence vidée de toute sa matière. Dans cet environnement dénué de tout artifice, la solitude et les affres du futur constitueront l'essentiel de l’univers du protagoniste.

Pourtant, malgré la vacuité existentielle du principal personnage, c’est une œuvre d’une rare richesse qui nous est offerte. En effet, « L’éternité et un jour » est une véritable leçon de poésie où la beauté déchire la grisaille omniprésente pour s’infiltré tout au long du film. Esthétiquement époustouflant, le réalisateur s’appui sur une myriade de thèmes aussi variés que la quête d’identité, l’amour et le désarroi pour donner à son œuvre une incroyable consistance. A la fois intimes et communs, les axes de réflexion de l’homme-artiste bascule souvent de l’introspection à l’observation du monde. Par ailleurs, ce long-métrage constitue une mise en abime dans laquelle l’art observe l’artiste dans son incapacité à créer. Par-delà l’imagination, c’est dans la communication que réside l’obstacle empêchant le poète d’accomplir son œuvre.

Alexandre croisera alors le chemin d’un jeune immigré qu’il s’évertuera à aider par tous les moyens. Au cours des avatars de notre couple de personnage nous serons ainsi immergés dans une vision humaniste et poétique de la vie.

Soulignons pour finir la merveilleuse beauté de ce film. L’image des observateurs inertes se tenant derrière les grillages lors du passage à la frontière, et semblant évoquer une partition musicale, est une image récurrente dans ce film. En effet, à de nombreuses occasions (le mariage, la morgue.) la même image apparait mettant en scène un jeu de miroir qui place le spectateur face à lui-même. Par ailleurs, au cours d’un merveilleux plan séquence déplaçant le récit un siècle plus tôt, Angelopoulos offre par cette continuité une incroyable harmonie au récit d’Alexandre. Le point culminant du film étant porté enfin par la mythique et mystique scène du bus. Ce choix est d’autant plus astucieux qu’il symbolise parfaitement le déplacement dans le temps et dans l’espace commune à l’ensemble des œuvres du septième art ! L’autobus va alors s’apparenter à une salle de cinéma dans laquelle Alexandre va prendre à son tour la place du spectateur et assister à un enchainement de scènes où s’enlaceront le passé et le présent, le rêve et la réalité, révélant différentes facettes du réalisateur (le révolutionnaire, l'amoureux, l'artiste.).

lundi 5 avril 2010

Home from the hill (Vincente Minnelli - 1961)

Constituant indéniablement une réflexion sur les valeurs parentales, ‘’Home from the hill’’ présente la perversité et les vices, indissociables de l’humanité, tout en soulignant leurs conséquences. Du cadre formé par la famille bourgeoise autour de laquelle s’articule l’histoire, il ne transparait plus que les lambeaux d’un bonheur révolu. Le père présenté comme infidèle et manipulateur, souille l’honneur de sa famille tout en affichant une profonde aversion envers tous les siens. De son coté, la mère s’approprie l’exclusivité de l’éducation de son fils et le surprotège. C’est dans cette ambiance délétère que Théron, adolescent jusqu’ici bloqué à l’enfance, va se retrouvé projeté vers l’âge adulte avec comme seuls modèles les déchirements de la cellule familial.

La vie nous est alors présentée comme une joute perpétuelle nous opposant à la cruauté du monde, mais surtout à nos propres démons. En effet, la transition menant le jeune Théron à la maturité est symbolisée dans ce film par une partie de chasse épique durant laquelle il devra affronter ses propres faiblesses en se mesurant à un sanglier particulièrement féroce.

Par ailleurs, Vincente Minnelli semble vouloir nous révéler que la nature farouche de l’homme se révèle dans la solitude. Les principaux protagonistes de ce film, isolés à causes de leur incapacité de se comprendre entre eux, se révèlent alors lunatiques, égoïste, tyranniques, méprisant, peureux… Pourtant ceci n’est qu’une facette dissimulant le découragement qui accompagne un réel désir de bonheur et d’amour.

Pour finir, “Home from the hill” tangue opiniâtrement entre optimisme et pessimisme. En effet, le réalisateur semble jouer un jeu cruel en insufflant à plusieurs reprises une lueur d’espoir à ses protagonistes, afin de la balayer l’instant d’après comme on soufflerait sur la mèche d’une bougie salvatrice. La promesse fugace d'une fin heureuse aboutira à un nouvel échec, car la réconciliation inespérée des parents sera aussitôt éclipsée par l’assassinat du père, plongeant inexorablement l’ensemble des personnages dans un nouvel abîme.

dimanche 14 mars 2010

Liberté (Tony Gatlif - 2010)



Ce long-métrage réalisé par Tony Gatlif propose une nouvelle fois les tribulations du peuple tzigane, mais cette fois-ci sous le régime de Vichy. Le décor choisis, outre son intérêt en tant que témoignage historique, est un choix d’autant plus astucieux qu’il permet de dépeindre de façon saisissante le rapport à la liberté chez les gens du voyage.

En effet le voyage comme vecteur de liberté est un principe vital pour ce peuple qui se voit imposer une vie de sédentaire sous le gouvernement de Pétain. Le premier sentiment qui s’abattra sur les protagonistes sera l’incompréhension. Incompréhension de se retrouver victime d’une guerre qui ne les concerne nullement, incompréhension de l’antipathie qu’ils font naitre chez les autres, et enfin l’incompréhension du dérangement qu’ils génèrent en vivant en marge. S’ensuivra alors un désir de révolte, dévorant mais irréalisable, à l’égare de la dictature liberticide qui s’abat sur eux.

Ces personnages charmeront enfin par leur simplicité, leur générosité, et surtout – d’un point de vue personnel – pour leur parfait décalage avec la civilisation, ce qui donnera l’occasion de sourire sur certaines réactions comiques. Pour finir la musique, indissociable à ce peuple, se mariera langoureusement aux images produisant un merveilleux tableau aussi envoutant que bouleversant.

jeudi 4 mars 2010

Le feu follet (Louis Malle – 1963)




Tout l’intérêt du film réside dans le désespoir de son protagoniste. Isolé durant sa cure de désintoxication à l’alcool, Alain Leroy se rendra à Paris pour espérer renouer les liens avec ses anciens amis. Pourtant tous ont évolué et personne ne partage l’angoisse perpétuelle dans laquelle baigne la vie du personnage principal.
A travers leurs épanouissements feints, les différents compagnons n’offrent en réalité à Alain Leroy qu’un simulacre insipide de bonheur. Perçut comme une résignation à accepter l’absurdité de l’existence, la vie des autres confortera alors le protagoniste dans ce sentiment d’être un réceptacle creux errant dans les méandres d’un monde peuplé de fantôme. Le problème c’est de tisser des liens avec le monde et surtout de trouver un sens à l’existence, ce qui fait défaut au héro. Enfin, le seul lieu de fuite facilement abordable qui s’offrira à Alain Leroy sera donc la mort, dernier rempart permettant de se détacher des affres de la vie.

lundi 1 février 2010

A serious man (Joel et Ethan Cohen - 2010)


A serious man constitue l’œuvre la plus personnelle des frères Cohen. A travers cette dernière, ils s’immergent sans retenu dans leur courant philosophique favoris : Le nihilisme.
Antagoniste à Pi, - la réalisation à travers laquelle Darren Aronofsky soutenait que tous les mystères de l’univers pouvaient être explicables par une formule mathématique - Les frères Cohen décrètent que rien n’a de sens. Ce film s’apparentera alors à une version édulcorée du subversif « Les infortunes de la vertu » du Marquis de Sade, tant les malheurs s’acharnant sur ce père de famille se joue de toute morale judéo-chrétienne. Pour soutenir ce constat, les réalisateurs s’appuient sur la métaphore du chat de Schrödinger, symbole du non-sens, de l’incertitude absolue, bref de l’incohérence. Alors nous assisterons à une litanie de situations burlesques dont Larry Gopnik sera l’infortunée victime. On retrouvera enfin le fatalisme de l’échec cher à Louis-Ferdinand Céline, ce qui finira d’asphyxier littéralement le héro du film dont la sérénité se dérobera progressivement. Et trouvera-t-il une réponse à ses malheurs ? Non bien entendu, cela est impossible car aucune institution n’échappe au nihilisme ! Ce film est donc un capharnaüm indéchiffrable : A l’image de la première scène présentant le meurtre d’un homme suspecté d’être un « vampire », mais dont on ne saura jamais le fin mot de l’histoire, puisque les Cohen nous régal d’une ellipse d’un siècle pour nous transporter dans une Amérique contemporaine en compagnie de nouveaux personnages. Pour finir, il s’agit d’un film marginal dans la carrière des deux frères, mais on y retrouvera bien évidemment le second degré dont les Cohen sont devenus des virtuoses.

dimanche 24 janvier 2010

Les raisins de la colère - Steinbeck



les raisins de la colère se gonflent et murissent,
 annonçant les vendanges prochaines

- Steinbeck -

A l’instar des personnages du roman « Des souris et des hommes », Steinbeck s’intéresse à nouveau à des hommes peu cultivés, en quête de lendemains meilleurs. Les avatars des Joad, présentés dans un style poétique, nous offrent une odyssée peignant la lutte des roturiers contre l’opprobre, le harcèlement et l’esclavage. Il s’agit de présenter une analyse poignante des vicissitudes accompagnant l’évolution d’une société libérale. Steinbeck puise dans la psychologie humaine pour en distiller le mécanisme, et ainsi éclabousser tous les acteurs de ce tableau. Il explique comment l’égoïsme et l’attrait du profit avili les puissants, lesquels rusent pour aliéner les travailleurs précaires. On distinguera aussi l’incompréhension des pauvres devant le machiavélisme dont ils sont victimes. La transformation de la crainte en mépris, ou parallèlement la solidarité qui se déploie chez les malheureux.

Loin d’une vision impartiale, Les raisins de la colère permet à son auteur de crier que l’homme doit vivre dignement, et qu’il doit avoir les mêmes droits quelque soit sa classe sociale. Enfin Steinbeck se révèle être un ardent humaniste qui crois fermement en la bonté de l’homme (ce qu’il met en scène à de nombreuses occasions), ainsi qu’un anarchiste potentiel qui devine l’homme apte à s’autogérer. Il semble pourtant désespéré de voir l’homme subir une litanie d’humiliation sans toute fois oser se révolter !

dimanche 10 janvier 2010

La grande bouffe (Marco Ferreri, 1973)


Ce spectacle, peinture de la décadence du monde civilisé se laissant engloutir par les plaisirs charnels, permet à Marco Ferreri de dresser un portrait caricaturale de l’homme moderne. C’est en effet sous les traits de pécheurs, immoralistes et libertins, qu’apparaissent les principaux protagonistes de cette métaphore. Plus encore, ce « vaudeville au vitriol » souille sans état d’âme les valeurs chères à l’occident en exhibant ces hommes aux mœurs légères qui ne témoignent d’aucun respect pour la monogamie ou encore la dignité humaine. Ainsi le personnage de Philippe (Philippe Noiret) reste inflexible. Malgré l’humeur scandaleusement libérée d’Andréa (Andréa Ferréol) il ne renoncera pas au mariage qu’il lui a promit. Le principal c’est le plaisir, rien d’autres n’a d’importance. C’est pourquoi les personnages affichent un comportement carpe diem exacerbé à l’outrance.

Par ailleurs l’œuvre est bâtit sur un parfait non-sens à l’image de cette autre citation de Philippe :
- Mange, sinon tu ne pourras pas mourir. Ce qui s’assimilerait comme étant une antinomie au vu des problèmes de sous alimentation connu comme un véritable fléau dans le tiers-monde. C’est dans la joie qui transparait sur les visages et dans les faits du groupe d’amis, réuni pour se donner la mort, que règne l’incohérence de cette fable.

Pour conclure, cette œuvre ne semble avoir qu’une finalité : Provoquer le croyant pour qu’il ne puisse plus détourner les yeux des démons qui le tourmentent. Et tant pis si il faut se moquer des valeurs judéo-chrétiennes pour en révéler l’hypocrisie. « Mieux encore », ce film fait l’apologie du péché (gourmandise, luxure) et affiche un profond mépris à l’égare de la religion (le mariage auquel tient tant Philippe malgré l’adultère). Ferréri cherche donc à détruire à grand coup de burlesque les fondements de la religion catholique pour atteindre enfin la LIBERTE ! Car il ne faut pas en douter, la grande bouffe est une parodie habile de la Cène. Ferréri semble nous dire :
- Si j’avais été Jésus, aux portes de la mort, j’aurais aimé mourir par le péché !

vendredi 23 octobre 2009

Les noces rebelles (Sam Mendes – 2008)

L’auteur de l’excellentissime "American beauty" explore une nouvelle fois, à travers ce long-métrage, ses thèmes de prédilection: La vie de couple, la quête du bonheur, le rapport au travail.
Sam Mendes aborde avec beaucoup de maturité ces différents sujets. En effet, ce n’est pas une sinécure de mener une existence heureuse, surtout lorsqu’une vie conjugale nous pousse continuellement à faire des concessions. L’harmonie du foyer se dissous lentement, et c’est un climat toxique qui vient se répandre graduellement autour des deux protagonistes. Chacun cherchera alors une issue pour fuir le désespoir ambiant qui semble flotter, comme indélébile, sur cette vie. Frank s’accrochera aveuglément à la moindre brèche lui permettant de fuir (l’adultère, le mensonge, le travail). De son coté, April tentera d’imposer un projet qui permettrait au couple de changer radicalement de vie. C’est justement l’antagonisme entre ces deux approches du problème qui rend ce film passionnant ! En effet, c’est la peur du changement qui pousse Frank à renier ses propres idéaux et à trahir ses sentiments. Parallèlement, April refuse de mettre en péril son couple et son bonheur au profit du "confort" que procure une vie stable et tracée d'avance.
C’est alors à travers un combat opposant l’ambition à la soumission que vont s'affronter les deux amants. Loin d’une vision manichéenne de la vie, comme la présente Roy Anderson dans "monde de gloire", Sam Mendes tente de démontrer que le monde offre toujours différents échappatoires à qui refuse de s’enliser dans la monotonie. Aussi, il est toujours possible de renier l’inertie et la fatalité. Il suffit alors de faire preuve de détermination.
Enfin, le drame du film semble être une alarme déclenchée par le réalisateur (ou le scénariste) pour nous avertir que l’accablement ne peut mener qu’à une fin malheureuse, et qu’il est impératif de réagir!

mardi 26 mai 2009

Le joueur - Dostoievski

Le casino, c’est cet univers onirique confiné entre quatre murs où le noble éprouve - une fois n’est pas coutume - de l’empathie pour le traine-misère. Ainsi, le jeu devient cet allié infidèle sur lequel on se repose aveuglément. Car en chatouillant les narines du hasard, on se persuade qu’il est possible d’en percer les secrets. C’est en tout cas l’analyse que fait Dostoïevski dans ce roman « autobiographique » où, plus les personnages s’enlisent dans un maelström de défaites, plus leur appétit de jouer semble inextinguible! Comme le soutiennent les joueurs de Mah-jong, une partie n’a d’intérêt que lorsqu’on mise de l’argent. En une seconde le monde cesse littéralement de tourner et tout n’est que futilité excepté l'issue jeu ! C’est paradoxalement jubilatoire et oppressant, l’ivresse monte tandis que tous les membres sont pris de tremblements compulsifs et que le sol se dérobe sous nos pieds. La seconde d’après, tout devient irréel. Les chanceux se sentant porté par un souffle divin tandis que les malheureux sentiront leur être s’enfoncer dans les abîmes! Par ailleurs, cette œuvre satirique puise sa force dans la description caricaturale de citoyens venants de différents pays Européens (Français, Anglais, Polonais, Russes.) ainsi que dans une critique acérée portant sur la nature humaine. Finalement, on constate que le jeu accompagne une grande partie de nos actes. Dans la séduction, lorsqu’on recherche à s’attirer les faveurs d’autrui, qu’on teste leur crédulité, qu’on excite volontairement ses auditeurs par une argumentation provocatrice ou encore qu’on s’attèle à mettre à jour quelque secret, il s’agit toujours d’un jeu. Sans doute aux antipodes de ses autres livres, le ton léger arboré dans « le joueur » permet la succession de situations burlesques qui pourrait donner naissance à une formidable pièce de théâtre. On appréciera enfin l’élégance de ce personnage loufoque qu’est Alexis Ivanovitch (alter ego tout juste dissimulé de l’auteur) et l’évolution des sentiments qu’il nourrira pour Pauline.

jeudi 26 mars 2009

Forgotten silver, Peter Jackson (1995)

Forgotten silver, faux reportage mais vrai moment de plaisir, retrace la vie pour le moins atypique de Colin McKenzie, réalisateur maudit et génie du cinématographe.

Ce film est un merveilleux témoignage d’amour au septième art, et permet de découvrir ou redécouvrir les différentes étapes qui bousculèrent l’univers du cinéma. Les images volontairement vieillies sont véritablement spectaculaires et paraissent parfaitement authentiques. Par ailleurs, un humour subtil distraira le spectateur et fera de Forgotten silver une œuvre véritablement agréable à visionner.

Sans plus de commentaires, je vous invite à vous faire votre propre opinion de ce petit bijou servis d’une main de maitre par M. Peter Jackson.

Monde de Gloire, Roy Andersson (1991)


Dés les premiers instants, le ton est donné - Couleurs ternes, silence prolongé et scènes longilignes - engendrant des séquences affreusement insipides. Cependant, la première image que l’on a est presque insoutenable. Ainsi, la réaction du public est antagoniste à celle des protagonistes visiblement insensibles au portrait morbide qui se dresse devant eux. C’est comme cela qu’Andersson installe le malaise dans l’inconscient du spectateur, sentiment qui ne le quittera plus durant le quart d’heure que durera le court-métrage.

Par la suite, l’enchainement des scènes transmettra un message pessimiste sur la condition humaine à travers le témoignage de ce « courtier » qui lève le voile sur son intimité. Cette absence d’émotions qui s’amasse de scène en scène « déshumanise » littéralement l’espèce la plus évoluée. En effet, on est amené à se poser la question « Lorsque la société régit intégralement notre vie et que notre mort elle-même est anticipée, quel sens peut-on donner à l’existence ? ». Finalement, l’homme a annihilé l’humain. On s’emprisonne dans ce désir de stabilité perdant de vue l’essentiel ! De ce fait (pour en revenir sur l’analyse de Ravachol) un monde dénué d’art comme d’imprévu n’a plus aucune saveur, et si c’est le prix à payer pour avoir une place confortable dans les rangs, NON MERCI !!! On préféra alors une vie dissolue mais buvable… A l’aide de cette œuvre manichéenne, Roy Andersson conduira ses contemporains à se remettre en question.

mercredi 22 octobre 2008

L'historienne et Drakula

Le récit se développe à la frontière qui sépare la fiction de la réalité, s’appuyant sur des faits historiques pour apporter de la crédibilité à l’intrigue. On peut apprécier la description des lieux où se rendent nos différents protagonistes et la part d’explication concernant leur passé.

Par ailleurs, présenté comme un assemblement de témoignages, les deux tomes qui constituent le roman sont un enjambement de notes rapportées par trois générations de chercheurs en histoire tous unis par leur lien de parenté, mais aussi par le premier indice qui leur parvient de manière à priori "arbitraite".

Malgré l’agréable écriture de Kostova, certains passages sont un peu trop indigestes ! Description trop allongée par moment, personnages ridiculement embellis et valorisés tout au long des chapitres, et parfois même des incohérences flagrantes (exemple du professeur Rossi qui s’attarde sur des descriptions futiles alors qu’il prétend devoir aller à l’essentiel).

N’en demeure pas moins que la poursuite derrière l’histoire d’un personnage ayant véritablement existé au 15ème siècle - Vlad Tepes, Drakula - est passionnante, et que la chasse aux indices donne des envies d’évasion par delà les frontières d'Europe et du moyen orient.

vendredi 10 octobre 2008

L’orphelinat (Juan Antonio Bayona, 2007)


Décidément, le cinéma fantastique fait vraiment les yeux doux à l’Espagne, considérée à juste titre comme la « terre promise » du film de genre en Europe. Le générique de fin vient de se terminé, je me précipite alors sur mon clavier pour faire l’éloge de ce merveilleux film !

Pas d’effets spéciaux, pas d’horreur, juste un souffle froid qui nous parcoure le dos et nous glace le sang. L’histoire est certes "conventionnelle", mais quelle extaordinaire mise en scène! En plongeant dans l’histoire, en vivant la poursuite d’une mère à la recherche de son fils, on en devient déchiré par les angoisses des adultes tout en redécouvrant celles qu’on a connues durant notre enfance ! C’est l’ambiance du film qui nous immerge dans l’histoire, et l’histoire qui insuffle autant de réalisme au film… Dur de trouver les mots pour décrire un tel sentiment, car cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vécue – presque au premier sens du terme – un film comme ce fut le cas pour L’orphelinat.

Notons la fin qui est des plus ambigüe. En effet, ne vous attendez pas plus à découvrir une « happy end » qu'une « sad end »… C’est une histoire d’interprétation, ou plus encore, de ressentis !

mardi 7 octobre 2008

De Hollywood à Tokyo

Avec plus de 100 ans d’histoire, les arpenteurs du cinématographe ont pu visiter mille et une facettes du septième art. Malheureusement, cela rend compliqué l’exploration de nouveaux horizons pour les amateurs des salles obscures. De ce fait, l’exportation du cinéma asiatique apporte une touche d’exotisme à cet art notamment grâce la différence de culture qui sépare nos deux mondes. Cette constatation est particulièrement vérifiable pour les films de genre qui sont par essence codifiés. En effet, la réalisation de films d’horreur ou de thriller répondent à certaines règles préétablies en occident et doivent alors se construire selon une architecture relativement rigide. En orient, les scénarios jouissent d’une plus grande liberté et arborent alors une dimension plus poétique et imaginaire.


Rétribution (Kiyoshi Kurosawa, 2007)


Dans ce thriller Japonais, Kurosawa nous offre un récit où s’embrassent la réalité et la fiction. L’originalité de ce scénario tient dans l’absence de grande révélation finale au profit d’une évolution progressive de l’enquête. Par ailleurs, les pièces ajoutée à ce puzzle nous permettent d'entrevoir la finalité de cette traque de la même manière qu'on distinguerait une silouhette perdue dans le brouillard. Faisant vaciller nos certitudes pour nous emmener ou il le souhaite, le réalisateur nippon se joue aussi avec notre compréhension à l’égard de l’intrigue.
Par ailleurs, impressionnante est cette aptitude qu’a Kurosawa à provoquer des frissons chez le spectateur en lui exposant simplement un visage inexpressif et une sonorité longiligne ! On distinguera éventuellement des petites similitudes avec Hitchcock ou Finsher, mais bien heureusement il ne s’agira pas que de pales ressemblances.

vendredi 3 octobre 2008

[REC] (Plaza - Balagueró, 2007)


[REC] est un film à sensation qui revisite avec fidélité l’univers des morts-vivants. Au niveau de la forme, le concept de la caméra « amateur » n’est pas non-plus trés novateur. En effet, Cloverfield (foirage cinématographique), Le projet Blair Witch et plus tôt encore Cannibale Holocauste, avaient déjà exploré cette technique.

Pourtant, malgré ces bases solidement pompeuses, [REC] s’affirme comme un film de série B parfaitement réussi. Intelligemment mis en scène par Balaguero et Plaza, l’atmosphère qui transpire aussi bien du son que de l’image traverse l’écran pour venir nous glacer le sang. Les acteurs du film - tous des amateurs - donnent aux personnages comme au scénario une crédibilité terrifiante. La valeur ajoutée à ce film comprends aussi le choix des personnages qui nous montrent le plus simplement possible les vices de notre espèce (racisme, égocentrisme, rébellion, ambition, naïveté.). Ainsi, nombreux seront ceux qui trouveront certains traits de caractères effroyablement familiers. Par ailleurs, le déroulement du film se fait majoritairement dans un milieu confiné – un immeuble - ce qui finit par être oppressant tant pour les protagonistes que les spectateurs. Si on compte sur l’amoralité – cependant logique – véhiculée par la prise en otage liée à la mise en quarantaine du batiment, la terreur suggérée par [REC] ne pourra que vous atteindre.
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Enfin, la prise de vue liée au port de la caméra plonge un peu plus le spectateur dans cette angoissante histoire, et en limitant son angle de vu il rend aussi l’ambiance beaucoup plus pesante. Ainsi, le frisson qui nous parcoure monte crescendo prenant son apogée à la toute fin. On ne peut pas sortir insensible de ce film.
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Les Ricains ont ils des problèmes d'indigestion avec le cinéma étranger? Toujours est il qu'un remake est fait pour tous les films étrangers qui auront marqué les esprits! Selon Michael Haneke, réalisateur de l'exélentissime "Funny Games", les pays anglosaxons seraient hermétique au cinéma étranger à cause de la barrière de la langue (cf: Mad Movies n°206).
A noter le ridicule du film "Quarantaine" remake de [REC] proposé par John Erick et Drew Dowdle qui vient d'être réalisé tout juste un an aprés la sortie en salle de l'original... Chapeau bas!!!

mercredi 24 septembre 2008

Paris, Texas (Wim Wenders, 1984)

La fin justifie t-elle la moyenne ?


Il est vrai que Paris, Texas est esthétiquement irréprochable tant les plans sont magnifiques. Malheureusement, le temps semble se figer lorsqu’on regarde un film aussi vide de vie ! Les scènes sont terriblement longilignes et les personnages mortellement ennuyeux. Il est des films qui savent insuffler au spectateur ce sentiment de mal-vivre sans pour autant l’anesthésier, mais ce n’est pas le cas de Paris, Texas.
L’histoire aurait put être culte si Wim Wenders avait trouvé une solution pour concilier la torpeur de la quête du personnage central - qui comporte beaucoup trop de zone d’ombres, même après la révélation finale –, avec l’intérêt nécessaire à captiver l’attention du spectateur.
Néanmoins, une grosse poigné de minutes est exquise. La scène des retrouvailles et des révélations entre Tarvis et Jane restera inoubliable, élégante et poignante. Cet homme qui casse le silence qui pèse depuis le début pour une tirade offre alors un passage merveilleux ! La fin quant à elle s’harmonise parfaitement avec le fil conducteur du film. N’en demeure pas moins qu’un assoupissement - justifié - aurait pu m’empêcher d’apprécier ce passage !
Je peux comprendre toute les bonnes critiques, seulement ce film ne peut pas s’apprécier sur l’instant mais au contraire après fermeture des rideaux et extinction des feux ! Dommage…

lundi 22 septembre 2008

Le temps des gitans (Kusturica - 1988)

Un jour le cinéma demanda à la musique de l’épouser, et de leur union naquirent une multitude d’œuvres parmi lesquelles se distinguaient celles d’Emir Kusturica. Dans le temps des gitans, les musiques tziganes transcendent tant les émotions véhiculées que les situations burlesques. Cette bande son lance une sorte d'enchantement au spectateur qui se laisse alors porter tout au long du film par l’entrelacement de rythmes et de mélodies.

Le temps des gitans est, dans un premier temps, un joli hommage au peuple tzigane. Cependant, et malgré la légèreté dont le film fait preuve, le sujet évoqué - prostitution et trafic d’enfant - est grave. La scène exhibant le viol d’une prostituée amènera alors le spectateur et le personnage central du film à prendre brutalement conscience de l’horreur de ce monde mafieux. Poétique, dramatique et drôle, Kusturica sait aussi bien jongler avec les sentiments qu’avec l’enchainement des images et des musiques !

Un seul petit reproche à apporter, la non constance du protagoniste incarné par Davor Dujmovic - Perhan - auquel il est difficile de s’identifier.

mercredi 17 septembre 2008

L'utopie selon Miyazaki


Déchirantes par leur cruauté, envoutantes par leur ambiance tant féérique que romantique et souvent très amusantes les œuvres de Miyazaki transportent le spectateur dans un univers inspiré du folklore nippon. Visionner un de ses films, c’est avant tout s’offrir un grand moment de divertissement. Pourtant n’y aurait-il pas un autre projet travestis derrière toutes ces histoires ?
Après avoir regardé plusieurs films du réalisateur japonais, on remarque qu’ils gravitent toujours autour de certains thèmes centraux. L’animation comme véhicule pour transmettre au monde les valeurs qui lui sont chères, voilà la seconde facette des œuvres de Miyazaki.

En effet, Miyazaki dénonce les méfaits du courant humaniste qui a semble-t-il perverti le cœur des hommes. Coupable de par son égocentrisme et sa soif de puissance, l’homme n’hésite pas à détruire la nature sans se soucier du caractère irréversible des ses actes. Pourtant Miyazaki n’en demeure pas moins un optimiste immuable. En effet, il garde foi en une espèce humaine pas entièrement mauvaise qui se soucie très souvent du bien être de ses semblables. L’homme n’aurait tout simplement pas conscience de l’impact engendré par ses méfaits. C’est ainsi que Miyazaki évite de tomber dans la facilité de présenter un combat entre le bien et le mal, pour nous livrer finalement une belle leçon de savoir vivre.
Cette volonté écologiste nous est aussi suggérée par la beauté des dessins représentant une nature accueillante et par la bonté des personnages qui la peuple. Malheureusement, quelque soit la sorcellerie, la ruse, la bravoure ou encore la sagesse dont ceux ci font preuves, l’homme finit toujours par avoir raison d’eux. C’est de cette manière que Hayao Miyazaki décide de responsabiliser l’homme, en lui faisant prendre conscience que l’avenir de la planète sera déterminé par les choix humains.

On remarquera aussi une quasi omniprésence des machines et de la technologie dans chacune de ses œuvres, et cette création semble être trop souvent l’objet d'hostilité et de malheur. Encore une mise en garde contre les avancés de la science ? Je n’en doute pas une seconde. Rappelons que le réalisateur est né au Japon en 1941, et qu’il a donc été confronté à l’horreur de la guerre. Il est donc compréhensible de retrouver une critique de la violence et un mépris des armes dans une majorité de ses œuvres.

On descellera enfin dans ces films, une touche de féminisme. En effet les héroïnes, souvent en rôle principal, ont une forte personnalité, et tant pis si pour cela on ne respecte pas la réalité de l’époque à laquelle l’histoire fait allusion. Miyazaki, derrière des films d’animation semblant être destiné au jeune public, serait alors un artiste engagé dont le souhait est d’impacter sur la sensibilité de toutes les générations afin de sauver l’avenir de la planète mais aussi celui son bourreau humain.