S’il y-a bien une chose qui m’envoute complètement, c’est le cinéma ! Lorsque j’entends des noms comme Kim Ki-Duk, Hitchcock, Ettore Scola ou encore Jodorowsky, c’est comme si on me faisait écouter des vers de poésie… En mieux bien entendu ! A un moment, il n’y avait rien en dehors du cinéma qui pouvait me faire frissonner. Je m’étais alors dit que je pourrais essayer d’écrire des critiques.
J’ai donc pris mon stylo, j’ai noircis quelques pages après chaque films vu (ou revu) et apprécié et je les ai envoyé au directeur de rédaction d’un site éditorial spécialisé dans le cinéma. Je lui avais proposé certains de mes articles, ceux dont j’étais le plus fier évidemment, pour les lui soumettre. J’attendais son retour. Pas trop convaincus de mes talents de rédacteur, sa réponse m’a cependant permis de me forger un point de vu sur le métier de critique d’art. J’ai essayé par la même occasion de faire prévaloir une vision moins rigide de ce que pouvait être une critique. Plus directe, plus passionnée, plus subjective et surtout moins codifiée, le support informatique était selon moi l’occasion de dérider un peu le visage raviné des chroniques. Dans sa missive, il s’était exprimé de la manière suivante :
Bonjour Morludic,
Je me permets de vous faire un petit retour sur les quatre textes que vous m'avez envoyé.
La première chose qui me saute aux yeux, c'est qu'on sent chez vous une véritable envie de cinéma et c'est très certainement la première qualité requise pour écrire sur des films.
Néanmoins, se dessinent pour moi deux problèmes principaux. Je note qu'il vous est difficile de prendre un véritable recul critique sur les films que vous abordez et que vous les vivez peut-être un peu trop passionnément, ce qui rend vos textes très partisans mais tout aussi fragiles sur le plan de l'argumentation. Pour le film d'Angelopoulos, vous multipliez les superlatifs sur la beauté des plans, sur le génie du réalisateur mais sans jamais analyser le geste cinématographique, justifier sa force par une analyse précise de ce que vous énoncez. Concernant "Tokyo décadence" (que je n'ai pas vu) et "La Grande bouffe", vous semblez en faire une lecture très moralisante. Pour le film japonais, vous semblez aller plus loin que l'intention du réalisateur (mais je nuance car je n'ai pas vu le film) ce qui donne à votre critique certains relents puritains. Pour le film de Ferreri, là, c'est très clair : vous semblez offensé par la proposition du cinéaste, quitte à faire d'énormes contre-sens sur le propos même du film. La question du mariage et du respect de cette institution prend une part assez énorme dans votre analyse, quitte à vous empêcher de voir toute l'allégorie que le réalisateur propose. Mais peut-être ai-je très mal compris votre texte.
Cordialement,
Charles Cinéfix, Rédacteur en chef
Sans attendre, je lui ai donc poliment répondu comme il suit :
Bonjour,
Une nouvelle fois je suis ravi de remarquer que votre réponse a été aussi rapide que bienveillante ! Je vous suis extrêmement reconnaissant pour vos remarques, et elles vont me permettre de m’exprimer sur les mécanismes qui m’ont permis d’écrire ces critiques de films.
Lorsque j’écris sur un film, je le fait "à chaud", je prends généralement ma "plume" dans l’heure qui suit la projection. J’ai l’impression que ça me permet d’offrir une observation plus honnête (à défaut d’être mieux nuancée) sur l’œuvre. Par ailleurs je suis partisan des critiques subjectives… Car je ne peux parler d’un film qu’en rendant la totalité de ce qu’il m’a fait ressentir…
Lorsque je parle de La grande bouffe, je parle de ce qui m’a sauté aux yeux. La métaphore sur la religion me paraissait claire et la volonté de choquer le spectateur évidente. Contrairement à ce que vous avez compris, j’ai adoré ce film, et surtout la manière subversive dont Ferreri fait preuve afin remettre en cause des valeurs romantiques qui nous sont quasi-imposées. Mais que vous n’ayez pas bien compris le « fond » de ma pensée, prouve peut être que je dois faire un plus gros effort sur la « forme ». Vous m’écrivez - vous semblez en faire une lecture très moralisante -, ce qui est totalement faux ! Pour moi, il s’agissait de démontrer que l’objectif principal de ces deux œuvres était de disserter sur la morale populaire.
Concernant le réalisateur de Tokyo Decadence (film que je vous conseil bien évidemment), il s’agit d’un artiste que j’apprécie tout particulièrement pour avoir littéralement dévoré un certain nombre de ses livres. C’est pourquoi, je me suis permis d’extrapoler sur les intentions du réalisateur car je pense qu’elles ne seront pas évidente pour un spectateur non initié à la psychologie "Murakamienne".
Je retiendrai cependant comme un compliment votre constat selon lequel ma "passion" liée au cinéma serait tangible à travers mes textes… Mais aussi, malheureusement, que ça rendrait ces derniers un peu trop passionnés à votre gout, et donc pas suffisamment objectifs !!!
Très cordialement, Morludic
Je trouve dommage que l’on ne fasse pas plus de place pour les critiques un peu atypiques. Nonobstant qu’il s’agisse en effet de l’un des meilleurs sites traitant du septième art, lorsque je finis un de leurs articles, il me reste comme le gout amer d’un sentiment de déjà lu. Finalement, les critères qui s’appliquent aux articles publiables sont à se point figés, que les textes de Pierre, Paul et Jack semblent écrit d’une même plume. Une plume experte et soignée c’est vrai, mais finalement trop consensuelle, donc sans âme, sans personnalité et sans tripes. Il faudrait pouvoir personnaliser tout ça ! Le film c’est la création, l’analyse critique c’est la re-création…Alors que moi, je veux de la récréation ! Qu’il y ait un quelque chose de ludique caché derrière ce travail d’analyste ! Finalement le meilleur critique pourrait bien être le dilettante qui n’a pas les qualités nécessaires recherchées, mais la fougue et l’originalité ! Une critique ne devrait pas être sifflée du bout des lèvres, ce devrait plutôt être un borborygme qui vous déchire les entrailles ! Une critique ne devrait pas non-plus être une vivisection du film mais sa vénération et son apologie… Ou dans le cas inverse, une diatribe pouvant aller jusqu’à la nauséeuse mauvaise fois ! J’aimerais voir plus d’implication dans les mots, oublier l’écriture scolaire, normalisée, aseptisée et dénaturée. Il faut en finir avec les thèse-antithèse-foutaise ! La plume des critiques ressemble au scalpel, on ne voit pas qu’ils ont vécu le film, ils semblent l’autopsier comme sur une table d’opération… Mais dans ce cas à quoi ressemble ma plume ? Sûrement à un chibre, me répondra le psychologue.
En parlant de psychologie, il me semble intéressant d’entrer dans l’esprit du réalisateur, d’essayer de tripoter un peu toute la substance cognitive qui a placé les personnages sur la pellicule et qui leur a donné vie. Je ne suis pas un inconditionnel des psychologues pour avoir été souvent déçu par leur manque de perspicacité, mais la psychologie est quelque chose qui me hante totalement depuis que j’ai ouvert mon premier livre de Dostoïevski. Il est donc bien évident que l’un des rôles clefs pour un critique, selon moi, consistera à tenter de mettre à nu les motivations du scénariste, à découvrir comment à travers la trame il tentera de brosser sa vision de la nature humaine et par la même occasion de transférer sa personnalité dans ses différents protagonistes. Les histoires peuvent varier d’un film à l’autre, mais dans chaque pellicule se dissimule l’âme de l’artiste, qu’il en soit conscient ou non les thèmes qu’il exploite font partie de lui et son point de vu sur le monde transparait à travers chaque image. On ne peut pas comprendre un film sans apprendre à connaitre un réalisateur ou un scénariste.
Pour moi il-y-a souvent deux artistes qui se cachent derrière chaque long-métrage : L’auteur (ou scénariste) et le réalisateur.
L’auteur donne de la profondeur à l’histoire, il en créé le relief en jouant avec les protagonistes et en insufflant au film une certaine philosophie. Il est le garant du fond de l’œuvre, sans quoi il ne se verrait sur l’écran que le mouvement d’une caméra désœuvrée, une sorte de spectre visible mais impalpable ! Cioran avait écrit l’accessoire est l’essence de la communication (et donc de la pensée), il est la chaire et le sang de la parole et de l’écriture. Vouloir y renoncer – autant forniquer avec un squelette. Je le rejoins totalement dans cette observation car, dans le cas du cinéma, le scénariste pose la structure dans laquelle le film va pouvoir se développer. A l’inverse, le réalisateur transcende le travail de l’auteur, il saisit toute la matière qui lui est offerte pour la restructurer à sa guise afin d’en perfectionner l’esthétique. Le fond est au service de la forme, et lorsque ces deux composantes primordiales trouvent le parfait équilibre, il se créé une réaction alchimique parfaite. C’est pourquoi, lorsque j’avais écrit mes critiques de films, il me paraissait tout aussi important d’interpréter les intentions du scénariste que de faire l’éloge de la beauté de la réalisation ! Analyser le geste cinématographique comme me le conseillait Charles Cinéfix, ça revenait pour moi à dévoiler les secrets d’un tour de magie ou à démembrer un corps humain pour en expliquer la merveilleuse mécanique ! C’est jouer contre le travail du réalisateur ! Je préfère encore me tromper sur les intentions du cinéaste en interprétant les objectifs d’un film, car j’ai l’intuition que je serai malgré tout dans le Juste. Il arrive un moment où l’œuvre échappe totalement à l’artiste, où il laisse transpirer sa personnalité sans en être forcément conscient et c’est à ce moment que l’analyse psychologique du film peut devenir intéressante ! Dans ma critique sur « La grande bouffe », j’avais conclu de la manière suivante :
Ferreri cherche donc à détruire à grand coup de burlesque les fondements de la religion catholique pour atteindre enfin le PLAISIR et la LIBERTE ! De plus, il ne faut pas en douter, la grande bouffe est une parodie habile de la Cène. Ferreri semble vouloir nous dire: Si j’avais été comme Jésus, aux portes de la mort, j’aurais aimé mourir par le péché !
En restant neutre on ne risque pas de se tromper c’est certain, mais quel intérêt alors ?! Tant pis, j’ai donc fais ravaler à ma plume toutes les critiques que j’avais pu lui faire cracher pour les placer aux oubliettes. Ma passion restera anonyme, mes coups de cœurs inconnus et mes coups de gueules muselets…
Fermons cette parenthèse sur ma vie, et tournons une nouvelle page !
J’ai donc pris mon stylo, j’ai noircis quelques pages après chaque films vu (ou revu) et apprécié et je les ai envoyé au directeur de rédaction d’un site éditorial spécialisé dans le cinéma. Je lui avais proposé certains de mes articles, ceux dont j’étais le plus fier évidemment, pour les lui soumettre. J’attendais son retour. Pas trop convaincus de mes talents de rédacteur, sa réponse m’a cependant permis de me forger un point de vu sur le métier de critique d’art. J’ai essayé par la même occasion de faire prévaloir une vision moins rigide de ce que pouvait être une critique. Plus directe, plus passionnée, plus subjective et surtout moins codifiée, le support informatique était selon moi l’occasion de dérider un peu le visage raviné des chroniques. Dans sa missive, il s’était exprimé de la manière suivante :
Bonjour Morludic,
Je me permets de vous faire un petit retour sur les quatre textes que vous m'avez envoyé.
La première chose qui me saute aux yeux, c'est qu'on sent chez vous une véritable envie de cinéma et c'est très certainement la première qualité requise pour écrire sur des films.
Néanmoins, se dessinent pour moi deux problèmes principaux. Je note qu'il vous est difficile de prendre un véritable recul critique sur les films que vous abordez et que vous les vivez peut-être un peu trop passionnément, ce qui rend vos textes très partisans mais tout aussi fragiles sur le plan de l'argumentation. Pour le film d'Angelopoulos, vous multipliez les superlatifs sur la beauté des plans, sur le génie du réalisateur mais sans jamais analyser le geste cinématographique, justifier sa force par une analyse précise de ce que vous énoncez. Concernant "Tokyo décadence" (que je n'ai pas vu) et "La Grande bouffe", vous semblez en faire une lecture très moralisante. Pour le film japonais, vous semblez aller plus loin que l'intention du réalisateur (mais je nuance car je n'ai pas vu le film) ce qui donne à votre critique certains relents puritains. Pour le film de Ferreri, là, c'est très clair : vous semblez offensé par la proposition du cinéaste, quitte à faire d'énormes contre-sens sur le propos même du film. La question du mariage et du respect de cette institution prend une part assez énorme dans votre analyse, quitte à vous empêcher de voir toute l'allégorie que le réalisateur propose. Mais peut-être ai-je très mal compris votre texte.
Cordialement,
Charles Cinéfix, Rédacteur en chef
Sans attendre, je lui ai donc poliment répondu comme il suit :
Bonjour,
Une nouvelle fois je suis ravi de remarquer que votre réponse a été aussi rapide que bienveillante ! Je vous suis extrêmement reconnaissant pour vos remarques, et elles vont me permettre de m’exprimer sur les mécanismes qui m’ont permis d’écrire ces critiques de films.
Lorsque j’écris sur un film, je le fait "à chaud", je prends généralement ma "plume" dans l’heure qui suit la projection. J’ai l’impression que ça me permet d’offrir une observation plus honnête (à défaut d’être mieux nuancée) sur l’œuvre. Par ailleurs je suis partisan des critiques subjectives… Car je ne peux parler d’un film qu’en rendant la totalité de ce qu’il m’a fait ressentir…
Lorsque je parle de La grande bouffe, je parle de ce qui m’a sauté aux yeux. La métaphore sur la religion me paraissait claire et la volonté de choquer le spectateur évidente. Contrairement à ce que vous avez compris, j’ai adoré ce film, et surtout la manière subversive dont Ferreri fait preuve afin remettre en cause des valeurs romantiques qui nous sont quasi-imposées. Mais que vous n’ayez pas bien compris le « fond » de ma pensée, prouve peut être que je dois faire un plus gros effort sur la « forme ». Vous m’écrivez - vous semblez en faire une lecture très moralisante -, ce qui est totalement faux ! Pour moi, il s’agissait de démontrer que l’objectif principal de ces deux œuvres était de disserter sur la morale populaire.
Concernant le réalisateur de Tokyo Decadence (film que je vous conseil bien évidemment), il s’agit d’un artiste que j’apprécie tout particulièrement pour avoir littéralement dévoré un certain nombre de ses livres. C’est pourquoi, je me suis permis d’extrapoler sur les intentions du réalisateur car je pense qu’elles ne seront pas évidente pour un spectateur non initié à la psychologie "Murakamienne".
Je retiendrai cependant comme un compliment votre constat selon lequel ma "passion" liée au cinéma serait tangible à travers mes textes… Mais aussi, malheureusement, que ça rendrait ces derniers un peu trop passionnés à votre gout, et donc pas suffisamment objectifs !!!
Très cordialement, Morludic
Je trouve dommage que l’on ne fasse pas plus de place pour les critiques un peu atypiques. Nonobstant qu’il s’agisse en effet de l’un des meilleurs sites traitant du septième art, lorsque je finis un de leurs articles, il me reste comme le gout amer d’un sentiment de déjà lu. Finalement, les critères qui s’appliquent aux articles publiables sont à se point figés, que les textes de Pierre, Paul et Jack semblent écrit d’une même plume. Une plume experte et soignée c’est vrai, mais finalement trop consensuelle, donc sans âme, sans personnalité et sans tripes. Il faudrait pouvoir personnaliser tout ça ! Le film c’est la création, l’analyse critique c’est la re-création…Alors que moi, je veux de la récréation ! Qu’il y ait un quelque chose de ludique caché derrière ce travail d’analyste ! Finalement le meilleur critique pourrait bien être le dilettante qui n’a pas les qualités nécessaires recherchées, mais la fougue et l’originalité ! Une critique ne devrait pas être sifflée du bout des lèvres, ce devrait plutôt être un borborygme qui vous déchire les entrailles ! Une critique ne devrait pas non-plus être une vivisection du film mais sa vénération et son apologie… Ou dans le cas inverse, une diatribe pouvant aller jusqu’à la nauséeuse mauvaise fois ! J’aimerais voir plus d’implication dans les mots, oublier l’écriture scolaire, normalisée, aseptisée et dénaturée. Il faut en finir avec les thèse-antithèse-foutaise ! La plume des critiques ressemble au scalpel, on ne voit pas qu’ils ont vécu le film, ils semblent l’autopsier comme sur une table d’opération… Mais dans ce cas à quoi ressemble ma plume ? Sûrement à un chibre, me répondra le psychologue.
En parlant de psychologie, il me semble intéressant d’entrer dans l’esprit du réalisateur, d’essayer de tripoter un peu toute la substance cognitive qui a placé les personnages sur la pellicule et qui leur a donné vie. Je ne suis pas un inconditionnel des psychologues pour avoir été souvent déçu par leur manque de perspicacité, mais la psychologie est quelque chose qui me hante totalement depuis que j’ai ouvert mon premier livre de Dostoïevski. Il est donc bien évident que l’un des rôles clefs pour un critique, selon moi, consistera à tenter de mettre à nu les motivations du scénariste, à découvrir comment à travers la trame il tentera de brosser sa vision de la nature humaine et par la même occasion de transférer sa personnalité dans ses différents protagonistes. Les histoires peuvent varier d’un film à l’autre, mais dans chaque pellicule se dissimule l’âme de l’artiste, qu’il en soit conscient ou non les thèmes qu’il exploite font partie de lui et son point de vu sur le monde transparait à travers chaque image. On ne peut pas comprendre un film sans apprendre à connaitre un réalisateur ou un scénariste.
Pour moi il-y-a souvent deux artistes qui se cachent derrière chaque long-métrage : L’auteur (ou scénariste) et le réalisateur.
L’auteur donne de la profondeur à l’histoire, il en créé le relief en jouant avec les protagonistes et en insufflant au film une certaine philosophie. Il est le garant du fond de l’œuvre, sans quoi il ne se verrait sur l’écran que le mouvement d’une caméra désœuvrée, une sorte de spectre visible mais impalpable ! Cioran avait écrit l’accessoire est l’essence de la communication (et donc de la pensée), il est la chaire et le sang de la parole et de l’écriture. Vouloir y renoncer – autant forniquer avec un squelette. Je le rejoins totalement dans cette observation car, dans le cas du cinéma, le scénariste pose la structure dans laquelle le film va pouvoir se développer. A l’inverse, le réalisateur transcende le travail de l’auteur, il saisit toute la matière qui lui est offerte pour la restructurer à sa guise afin d’en perfectionner l’esthétique. Le fond est au service de la forme, et lorsque ces deux composantes primordiales trouvent le parfait équilibre, il se créé une réaction alchimique parfaite. C’est pourquoi, lorsque j’avais écrit mes critiques de films, il me paraissait tout aussi important d’interpréter les intentions du scénariste que de faire l’éloge de la beauté de la réalisation ! Analyser le geste cinématographique comme me le conseillait Charles Cinéfix, ça revenait pour moi à dévoiler les secrets d’un tour de magie ou à démembrer un corps humain pour en expliquer la merveilleuse mécanique ! C’est jouer contre le travail du réalisateur ! Je préfère encore me tromper sur les intentions du cinéaste en interprétant les objectifs d’un film, car j’ai l’intuition que je serai malgré tout dans le Juste. Il arrive un moment où l’œuvre échappe totalement à l’artiste, où il laisse transpirer sa personnalité sans en être forcément conscient et c’est à ce moment que l’analyse psychologique du film peut devenir intéressante ! Dans ma critique sur « La grande bouffe », j’avais conclu de la manière suivante :
Ferreri cherche donc à détruire à grand coup de burlesque les fondements de la religion catholique pour atteindre enfin le PLAISIR et la LIBERTE ! De plus, il ne faut pas en douter, la grande bouffe est une parodie habile de la Cène. Ferreri semble vouloir nous dire: Si j’avais été comme Jésus, aux portes de la mort, j’aurais aimé mourir par le péché !
En restant neutre on ne risque pas de se tromper c’est certain, mais quel intérêt alors ?! Tant pis, j’ai donc fais ravaler à ma plume toutes les critiques que j’avais pu lui faire cracher pour les placer aux oubliettes. Ma passion restera anonyme, mes coups de cœurs inconnus et mes coups de gueules muselets…
Fermons cette parenthèse sur ma vie, et tournons une nouvelle page !
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